{"id":29,"date":"2023-10-14T09:12:58","date_gmt":"2023-10-14T07:12:58","guid":{"rendered":"https:\/\/antoineguillot.com\/index.php\/biographie\/"},"modified":"2026-04-28T16:04:51","modified_gmt":"2026-04-28T14:04:51","slug":"biographie","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/antoineguillot.com\/index.php\/biographie\/","title":{"rendered":"Biographie"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Antoine Guillot<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Auteur, metteur en sc\u00e8ne, acteur et producteur, Antoine Guillot d\u00e9fend depuis plus de quinze ans un th\u00e9\u00e2tre qui refuse les vitrines. N\u00e9 \u00e0 Annecy en 1989, il nomme sa recherche le <strong>Th\u00e9\u00e2tre Incontr\u00f4l\u00e9<\/strong> \u2014 une esth\u00e9tique de l&#8217;instant, o\u00f9 le plateau n&#8217;est pas une surface de repr\u00e9sentation mais un laboratoire \u00e0 ciel ouvert. Depuis 2010, il dirige <strong>La Compagnie Caravelle<\/strong>, qu&#8217;il n&#8217;a jamais con\u00e7ue comme une structure administrative mais comme une m\u00e9thode de navigation : cr\u00e9er en prenant la mer, c&#8217;est-\u00e0-dire refuser le vase clos, traverser les langues, les fronti\u00e8res et les publics \u2014 et ramener chaque projet \u00e0 son exigence premi\u00e8re, qu&#8217;il parle au pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Formation \u2014 la double pulsion (2006\u20132010)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 dix-huit ans, Antoine Guillot entre au <strong>Conservatoire d&#8217;Art Dramatique de Grenoble<\/strong> tout en poursuivant, en parall\u00e8le, des \u00e9tudes de philosophie. En 2008, il est admis au <strong>Conservatoire Royal de Li\u00e8ge<\/strong>, qui abrite l&#8217;\u00c9cole Sup\u00e9rieure d&#8217;Acteurs de Cin\u00e9ma et de Th\u00e9\u00e2tre (ESACT). De ces deux foyers cons\u00e9cutifs \u2014 l&#8217;un forg\u00e9 dans la pens\u00e9e politique et \u00e9thique, l&#8217;autre dans la friction du plateau et l&#8217;adresse directe \u2014 se d\u00e9gage ce qui deviendra sa matrice : penser et faire au m\u00eame endroit, sans laisser l&#8217;un disqualifier l&#8217;autre. Le geste artistique comme responsabilit\u00e9. La sc\u00e8ne comme \u00e9preuve de pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Premiers gestes, premier manifeste (2008\u20132011)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2008, il cr\u00e9e <strong>Paradis Perdu<\/strong>, son premier solo professionnel \u2014 auteur, acteur et metteur en sc\u00e8ne. Le spectacle sera repris, r\u00e9\u00e9crit et r\u00e9activ\u00e9 au fil des ann\u00e9es, devenant un jalon fondateur de son esth\u00e9tique. L&#8217;ann\u00e9e suivante, il met en sc\u00e8ne <strong>Quartett<\/strong> de Heiner M\u00fcller, r\u00e9\u00e9criture radicale des <em>Liaisons dangereuses<\/em>. L&#8217;accueil est pol\u00e9mique \u2014 les spectateurs sont, selon ses mots, \u00ab soit scandalis\u00e9s, soit \u00e9mus aux larmes \u00bb. Guy Moret, directeur de la Salle Centrale de la Madeleine, d\u00e9clare \u00e0 l&#8217;issue : \u00ab une pi\u00e8ce comme celle-l\u00e0 est digne d&#8217;une grande sc\u00e8ne \u00bb. Le ton est donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suivent <strong>L&#8217;Empereur de la perte<\/strong> de Jan Fabre (2011) et <strong>Amerika, suite<\/strong> de Biljana Srbljanovi\u0107 \u2014 deux \u00e9critures majeures du th\u00e9\u00e2tre contemporain europ\u00e9en, qui confirment le choix d&#8217;une dramaturgie qui ne s&#8217;excuse de rien. En parall\u00e8le, il engage un <strong>compagnonnage avec le Mus\u00e9e Faure d&#8217;Aix-les-Bains<\/strong> aupr\u00e8s de son conservateur d&#8217;alors, <strong>Andr\u00e9 Liatard<\/strong> : lectures et performances au c\u0153ur des collections impressionnistes et des \u0153uvres de Rodin. Un principe durable s&#8217;y dessine \u2014 la parole vivante en dialogue direct avec les \u0153uvres, les lieux, les histoires. Il devient \u00e9galement <strong>directeur artistique du Festival du livre jeunesse d&#8217;Aix-les-Bains<\/strong>, exp\u00e9rience qui ancre d\u00e8s l&#8217;origine la dimension p\u00e9dagogique au c\u0153ur de sa d\u00e9marche. L&#8217;\u00e9ducation artistique n&#8217;est pas pour lui une extension charitable du plateau : elle en est la racine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fonder La Compagnie Caravelle (2010)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2010, il fonde <strong>La Compagnie Caravelle<\/strong> \u00e0 Aix-les-Bains. Le projet se construit comme un navire \u00e0 double coque \u2014 cr\u00e9ation et diffusion d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, actions culturelles et m\u00e9diation de l&#8217;autre \u2014 avec un troisi\u00e8me horizon qui devient rapidement constitutif : l&#8217;international, non pas comme label mais comme <strong>outil r\u00e9el de circulation<\/strong> des textes, des \u00e9quipes et des m\u00e9thodes. La <strong>Mairie d&#8217;Aix-les-Bains<\/strong>, qui soutient la compagnie depuis ses premi\u00e8res ann\u00e9es, devient un partenaire durable et un point d&#8217;ancrage territorial \u2014 rare et pr\u00e9cieux \u00e9quilibre entre fid\u00e9lit\u00e9 locale et ambition internationale.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le Th\u00e9\u00e2tre Incontr\u00f4l\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil des cr\u00e9ations, Antoine Guillot formule puis nomme sa recherche : le <strong>Th\u00e9\u00e2tre Incontr\u00f4l\u00e9<\/strong> \u2014 concept d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l&#8217;INPI, devenu la signature esth\u00e9tique de la compagnie. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une absence de ma\u00eetrise, mais de sa forme la plus exigeante : accepter que la repr\u00e9sentation garde la nervosit\u00e9 du premier jour, que le com\u00e9dien reste <em>moteur<\/em>, que le public soit trait\u00e9 comme partenaire et non comme destinataire. Le d\u00e9sordre comme dramaturgie, le d\u00e9bordement comme mat\u00e9riau, l&#8217;instant comme \u00e9thique. Il y a l\u00e0 une filiation revendiqu\u00e9e avec M\u00fcller, Fabre, Bausch \u2014 et une ligne propre, plus litt\u00e9raire, attach\u00e9e au corps politique intime.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Carnet d&#8217;Art \u2014 le m\u00e9dia comme prolongement (2012 \u00e0 aujourd&#8217;hui)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2012, il cofonde la soci\u00e9t\u00e9 <strong>Amistad Prod<\/strong>, maison m\u00e8re du m\u00e9dia <strong>Carnet d&#8217;Art<\/strong>. D\u00e8s 2013, le premier num\u00e9ro du magazine papier est diffus\u00e9 sur le sillon alpin \u2014 parution semestrielle qui durera jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;automne 2019. En 2015, Carnet d&#8217;Art devient \u00e9galement <strong>maison d&#8217;\u00e9dition<\/strong>, publiant romans, po\u00e9sie, th\u00e9\u00e2tre et photographie. Apr\u00e8s une pause, le projet rena\u00eet en <strong>d\u00e9cembre 2021<\/strong> sous forme de cha\u00eene de podcasts \u2014 programmes, s\u00e9ries d&#8217;entretiens, enqu\u00eates culturelles \u2014 prolongeant ce qui est pour Antoine Guillot l&#8217;axe immuable de toute sa d\u00e9marche : \u00ab Toute identit\u00e9 est narrative, il n&#8217;y a pas d&#8217;identit\u00e9 sans les histoires qui la racontent \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00c9crire pour le plateau<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement aux reprises de <em>Paradis Perdu<\/em>, Antoine Guillot d\u00e9veloppe un corpus d&#8217;\u00e9criture sc\u00e9nique dense et personnel. En 2013, il co-\u00e9crit avec <strong>Killian Salomon<\/strong> le roman <em>Les Sublimes<\/em>. En 2015, ils signent ensemble <strong>G\u00e9nocide mon amour<\/strong>, cr\u00e9\u00e9 pour le centenaire du g\u00e9nocide arm\u00e9nien, avec Antoine Formica, Martha Gey et Karine Vartanian \u2014 une forme qui cherche la parole possible face \u00e0 l&#8217;innommable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9crit <strong>Il vit<\/strong>, monologue d&#8217;un jeune homme qui d\u00e9cide de \u00ab mettre en sc\u00e8ne \u00bb ses derniers instants. Cette pi\u00e8ce, qui articule urgence, amour et r\u00e9volte, conna\u00eetra une circulation consid\u00e9rable : lectures, actions p\u00e9dagogiques, versions internationales (en Anglais, Espagnol, Russe, Mandarin, Arabe, Portugais&#8230;) qui vivent encore aujourd&#8217;hui. En 2016, il cr\u00e9e au <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Casino d&#8217;Aix-les-Bains, On commence par la fin<\/strong> avec <strong>Martha Gey<\/strong> (compagnie \u00c9coute s&#8217;il danse) \u2014 dialogue entre deux g\u00e9n\u00e9rations, deux disciplines, deux rapports au temps. L&#8217;une est danseuse au soir de sa carri\u00e8re, l&#8217;autre est metteur en sc\u00e8ne qui cherche \u00e0 \u00eatre ce qu&#8217;il doit : une sc\u00e8ne habit\u00e9e par la question du vieillissement, du corps, de la v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suivront notamment <strong>Cabaret<\/strong> (2021), forme pluridisciplinaire assumant la joie comme strat\u00e9gie politique, et <strong>Au creux de la br\u00e8che<\/strong>, cr\u00e9ation au long cours travaill\u00e9e en r\u00e9sidences entre 2023 et 2025 avec les interpr\u00e8tes <strong>Camille D\u00e9georges Ruffelaere<\/strong> accompagn\u00e9e pour la Musique Assist\u00e9e par Ordinateur en direct par <strong>J\u00e9r\u00e9mie Buatier<\/strong> et regards artistiques de la compagnie (notamment <strong>Isabelle Roux Lalisban pour la co-\u00e9criture et la dramaturgie<\/strong>). <strong>Guillotine<\/strong> \u2014 solo biographique \u2014 trouve en 2023 sa forme sc\u00e9nique aboutie. Cinq tableaux, une parole sans pathos pour dire la violence, une \u00e9criture qui attaque frontalement le r\u00e9el tout en gardant la pr\u00e9cision du geste.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;international \u2014 Cara\u00efbes, Ta\u00efwan, Alg\u00e9rie (Depuis 2017)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir de 2017, l&#8217;international cesse d&#8217;\u00eatre un horizon pour devenir une pratique quotidienne. Trois grandes travers\u00e9es ancrent cette dynamique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Aux Cara\u00efbes<\/strong>, Antoine Guillot cr\u00e9e <strong>Bastille Day<\/strong> le 14 juillet 2017 \u00e0 Pigeon Island, Sainte-Lucie. Spectacle en anglais sur la R\u00e9volution fran\u00e7aise dans les Antilles, il mobilise plus d&#8217;une centaine de com\u00e9diens, performeurs, danseurs et musiciens \u2014 dont <strong>Richard Ambrose<\/strong> \u2014 et rassemble plus de trois mille spectateurs. La production est port\u00e9e par l&#8217;Alliance Fran\u00e7aise de Sainte-Lucie, dirig\u00e9e par <strong>\u00c9velyne Maitre<\/strong> \u2014 qui pilote \u00e9galement le r\u00e9seau des dix Alliances Fran\u00e7aises de la Cara\u00efbe anglophone (CARICOM). Sa confiance est d\u00e9cisive : c&#8217;est elle qui ouvre \u00e0 la compagnie les portes d&#8217;une r\u00e9gion enti\u00e8re, et qui rend possible une cr\u00e9ation de cette envergure. Un moment fondateur \u2014 qui confirme qu&#8217;un th\u00e9\u00e2tre <em>incontr\u00f4l\u00e9<\/em> peut se d\u00e9ployer \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle collective et populaire sans renoncer \u00e0 son exigence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 Ta\u00efwan<\/strong>, la pi\u00e8ce <em>Il vit<\/em> est traduite en mandarin et cr\u00e9\u00e9e comme coproduction franco-ta\u00efwanaise, interpr\u00e9t\u00e9e par <strong>Chih Wei Tseng<\/strong>, avec l&#8217;accompagnement dramaturgique de <strong>Dominique Oriol<\/strong>. C&#8217;est l\u00e0 que se noue la rencontre avec <strong>C\u00e9cile Renault<\/strong>, alors Conseill\u00e8re de coop\u00e9ration et d&#8217;action culturelle aupr\u00e8s du Bureau Fran\u00e7ais de Taipei \u2014 une femme dont l&#8217;attention \u00e0 la cr\u00e9ation contemporaine et la compr\u00e9hension fine des enjeux interculturels marqueront le parcours international de la compagnie puisqu&#8217;Antoine retrouve C\u00e9cile Renault, d\u00e9sormais directrice de l&#8217;Institut fran\u00e7ais d&#8217;Alg\u00e9rie \u2014 une continuit\u00e9 humaine rare dans les r\u00e9seaux diplomatiques culturels, et une confirmation : les rencontres vraies traversent les territoires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En Alg\u00e9rie<\/strong>, Antoine Guillot est accueilli en r\u00e9sidence aux <strong>Ateliers Sauvages d&#8217;Alger<\/strong> par <strong>Wassyla Tamzali<\/strong> en d\u00e9cembre 2017. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il \u00e9crit une version, \u00e9tape de travail, de <em>Guillotine<\/em>. Il collabore \u00e0 l&#8217;\u00e9criture du sc\u00e9nario de <strong>La Derni\u00e8re Reine<\/strong> d&#8217;<strong>Adila Bendimerad<\/strong> et <strong>Damien Ounouri<\/strong> \u2014 film qui recevra la <strong>mention sp\u00e9ciale des auteurs de moins de quarante ans \u00e0 la Mostra de Venise 2022<\/strong>, o\u00f9 Antoine est pr\u00e9sent, et qui sortira en France en avril 2023. Il accompagnera ensuite le d\u00e9veloppement d&#8217;<strong>El Zahia<\/strong> (Alger 1926), projet franco-alg\u00e9rien soutenu par le CNC notamment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cin\u00e9ma et dramaturgie<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le travail avec Bendimerad et Ounouri ouvre \u00e0 Antoine Guillot un territoire d\u00e9cisif \u2014 celui du cin\u00e9ma comme extension naturelle de son geste dramaturgique. Sur <em>La Derni\u00e8re Reine<\/em>, il intervient comme <strong>script doctor, dialoguiste et sous-titreur<\/strong>. Sur <em>El Zahia<\/em>, il prolonge cette collaboration. Ce passage par l&#8217;\u00e9cran n&#8217;est pour lui ni un d\u00e9tour ni une reconversion : c&#8217;est une autre mani\u00e8re d&#8217;\u00e9crire pour des corps, dans d&#8217;autres langues, avec d&#8217;autres outils. La m\u00eame boussole \u2014 celle du r\u00e9el travers\u00e9 par la fiction, du politique rendu sensible par l&#8217;intime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette pratique d&#8217;\u00e9criture pour l&#8217;\u00e9cran s&#8217;ajoute, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un retour au jeu \u2014 devant la cam\u00e9ra du jeune r\u00e9alisateur aixois\u00a0<strong>Pierre-Yves Bezat<\/strong>\u00a0(Silverbelt Films). Dans\u00a0<strong>Le jour o\u00f9 le Titanic a coul\u00e9<\/strong>\u00a0(2025), premier court-m\u00e9trage de Bezat, Antoine Guillot incarne le chef du personnel de l&#8217;h\u00f4tel aux c\u00f4t\u00e9s de\u00a0<strong>Patrick Chesnais<\/strong>\u00a0(JP Morgan),\u00a0<strong>Carl Malapa<\/strong>,\u00a0<strong>Clara Antoons<\/strong>,\u00a0<strong>G\u00e9rard Lanvin<\/strong>\u00a0et de son complice\u00a0<strong>J\u00e9r\u00e9mie Buatier<\/strong>. Il retrouve le r\u00e9alisateur fin 2025 pour\u00a0<strong>Tempo<\/strong>, tourn\u00e9 entre le Th\u00e9\u00e2tre du Casino Grand Cercle et le Ch\u00e2teau Brachet avec\u00a0<strong>Anne Consigny<\/strong>\u00a0et\u00a0<strong>Andr\u00e9 Marcon<\/strong>. Deux films qui enracinent le travail d&#8217;acteur dans le territoire aixois lui-m\u00eame \u2014 mani\u00e8re de rappeler qu&#8217;une compagnie fid\u00e8le \u00e0 sa ville peut aussi y jouer, y tourner, y faire venir ses pairs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Compagnonnages<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le travail d&#8217;Antoine Guillot est indissociable de ses compagnons de route. La recherche\/cr\u00e9ation autour de <strong>Claudel \/ Rodin<\/strong> avec <strong>Antoine Formica<\/strong> et <strong>Magdalena Galindo<\/strong> \u2014 com\u00e9dienne et performeuse \u00e0 la pr\u00e9sence magn\u00e9tique, capable de traverser les formes sans jamais perdre le fil \u2014 inaugure une ligne d&#8217;obsession sur la grande \u00e9criture po\u00e9tique et le rapport entre texte et mati\u00e8re. Avec Antoine Formica, la complicit\u00e9 est longue et t\u00eatue : acteur habit\u00e9, \u00e0 la puissance tranquille et \u00e0 l&#8217;intelligence dramaturgique rare, il est interpr\u00e8te de <em>G\u00e9nocide mon amour<\/em> d\u00e8s 2015, puis reprend et incarne le r\u00f4le de <em>Paradis Perdu<\/em> de 2015 \u00e0 2019, faisant vivre pendant pr\u00e8s de cinq ans une pi\u00e8ce qu&#8217;Antoine Guillot avait jusque-l\u00e0 port\u00e9e seul \u2014 preuve que le Th\u00e9\u00e2tre Incontr\u00f4l\u00e9 se transmet et r\u00e9siste \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve d&#8217;un autre corps. En 2023, il co-signe avec <strong>Isabelle Roux-Lalisban<\/strong> \u2014 professeure classe exceptionnelle \u2014 un article dans le <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Paul Claudel<\/em> (n\u00b0241) consacr\u00e9 au <em>Soulier de satin<\/em> travaill\u00e9 au lyc\u00e9e Vaugelas de Chamb\u00e9ry \u2014 \u00ab Entre ordre et raison, d\u00e9sordre et imagination \u00bb \u2014 titre qui condense en une formule la dialectique centrale de sa d\u00e9marche. La dramaturgie de <strong>Dominique Oriol<\/strong> \u2014 dramaturge de pr\u00e9cision, dont l&#8217;\u0153il sait distinguer ce qui tient de ce qui flotte \u2014 traverse plusieurs de ses cr\u00e9ations majeures, de <em>Il vit<\/em> \u00e0 la coproduction ta\u00efwanaise. <strong>J\u00e9r\u00e9mie Buatier<\/strong> \u2014 technicien, acteur et compagnon de route depuis de nombreuses ann\u00e9es maintenant \u2014 l&#8217;accompagne sur la technique, le son et le jeu avec une loyaut\u00e9 et une rigueur que peu de structures peuvent se vanter d&#8217;avoir. <strong>Erwan Fontaine<\/strong> \u2014 danseur au corps volcanique, dont le d\u00e9bordement est une dramaturgie \u00e0 lui seul \u2014 est la pr\u00e9sence corporelle avec laquelle Antoine Guillot explore les zones de d\u00e9bordement et de travers\u00e9e. <strong>Camille D\u00e9georges Ruffelaere<\/strong> \u2014 r\u00e9gisseuse, autrice et plasticienne de l&#8217;image, com\u00e9dienne, violoncelliste dont la sensibilit\u00e9 se situe exactement \u00e0 la fronti\u00e8re entre le documentaire et le po\u00e8me \u2014 devient co-autrice et co-interpr\u00e8te d&#8217;<em><strong>Au creux de la br\u00e8che<\/strong><\/em> (2023), cr\u00e9ation hybride entre texte, son, musique, chant, MAO et danse qui ouvre la compagnie \u00e0 des formes nouvelles, plus poreuses, plus accident\u00e9es. <strong>\u00c9lodie Pouzol<\/strong> \u2014 charg\u00e9e d&#8217;administration rigoureuse et communicante intuitive, dont le regard sur l&#8217;image publique est aussi aff\u00fbt\u00e9 que celui d&#8217;un dramaturge \u2014 accompagne Antoine \u00e0 l&#8217;administration et \u00e0 la logistique et veille \u00e0 la communication de La Compagnie Caravelle : un r\u00f4le qu&#8217;Antoine Guillot consid\u00e8re comme pleinement artistique, tant l&#8217;exigence d&#8217;une \u0153uvre se perd si elle ne trouve pas la mani\u00e8re juste de dire ce qu&#8217;elle est.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9seaux de pens\u00e9e et d&#8217;engagement<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Antoine Guillot inscrit son travail dans des r\u00e9seaux de pens\u00e9e qui prolongent sa recherche artistique. Il est invit\u00e9 par <strong>Laurent Garreau<\/strong>, fondateur de Garrom\u00e9dia et directeur artistique du <strong>Festival International du Film de Vitr\u00e9 \u2014 Nouvelles Images Persanes<\/strong>, \u00e0 si\u00e9ger au jury international de la 3\u1d49 \u00e9dition, aux c\u00f4t\u00e9s notamment de Jacky Bornet (France Info), Alain Depardieu, Mehrdad Oskouei et Manuel Sanchez. Le festival, d\u00e9sormais pr\u00e9sid\u00e9 par <strong>St\u00e9phane Bigot<\/strong>, d\u00e9fend la libert\u00e9 de cr\u00e9ation du cin\u00e9ma iranien et prolonge pour Antoine Guillot un engagement qu&#8217;il conna\u00eet bien : faire de l&#8217;art un lieu o\u00f9 la jeunesse en lutte peut prendre la parole. La Compagnie Caravelle en devient partenaire durable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il dialogue par ailleurs avec le <strong>R\u00e9seau international de recherche-intervention \u00ab Jeunes, in\u00e9galit\u00e9s sociales et p\u00e9riph\u00e9ries \u00bb<\/strong> fond\u00e9 par <strong>Jo\u00eblle Bordet<\/strong>, psychosociologue et directrice de recherche \u00e9m\u00e9rite du CSTB. Ce r\u00e9seau, qui relie des acteurs d&#8217;Europe, d&#8217;Afrique, du Proche-Orient et d&#8217;Am\u00e9rique du Sud autour des jeunesses des quartiers populaires et p\u00e9riph\u00e9riques, croise directement la pratique EAC de La Compagnie Caravelle sur les territoires. <em>\u00c9couter les jeunes pour les accueillir dans la d\u00e9mocratie<\/em> : la formule de Jo\u00eblle Bordet r\u00e9sonne avec ce qu&#8217;Antoine Guillot met en \u0153uvre sur le terrain depuis plus de dix ans.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Transmission \u2014 p\u00e9dagogue par intensit\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les actions culturelles ne sont pas pour Antoine Guillot un suppl\u00e9ment au plateau : elles en sont une forme \u00e0 part enti\u00e8re. Lectures-jeux, bords plateau, ateliers d&#8217;\u00e9criture et de jeu, parcours EAC en coll\u00e8ges et lyc\u00e9es, dispositifs en contexte p\u00e9nitentiaire \u2014 la transmission, pour lui, n&#8217;a rien de p\u00e9dagogique au sens faible. Elle est p\u00e9dagogue <em>par intensit\u00e9<\/em> : apprendre en vivant une exp\u00e9rience de cr\u00e9ation r\u00e9elle, sans amortisseur. Il en d\u00e9fend une conviction constante \u2014 la culture n&#8217;est pas un suppl\u00e9ment d&#8217;\u00e2me, c&#8217;est une charpente.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Aujourd&#8217;hui<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aix-les-Bains reste son port d&#8217;attache. La Compagnie Caravelle poursuit sa navigation \u2014 cr\u00e9ations, podcasts, r\u00e9sidences, coop\u00e9rations internationales. Les horizons ouverts sont ceux de la maturit\u00e9 : transmission approfondie de <em>Guillotine<\/em> et des spectacles du r\u00e9pertoire, nouvelles \u00e9critures crois\u00e9es entre sc\u00e8ne et cin\u00e9ma, prolongement des ancrages en Alg\u00e9rie, dans les Cara\u00efbes et en Asie. Le cap n&#8217;a pas chang\u00e9 depuis 2010 : <strong>des ponts entre cultures, Histoires et langues<\/strong>. Ce qui a chang\u00e9, c&#8217;est le nombre de ports travers\u00e9s, d&#8217;interlocuteurs trouv\u00e9s, de textes \u00e9crits \u2014 et la certitude, d\u00e9sormais partag\u00e9e avec une \u00e9quipe, que l&#8217;on peut tenir ce cap sans s&#8217;excuser d&#8217;exister.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antoine Guillot Auteur, metteur en sc\u00e8ne, acteur et producteur, Antoine Guillot d\u00e9fend depuis plus de quinze ans un th\u00e9\u00e2tre qui refuse les vitrines. N\u00e9 \u00e0 Annecy en 1989, il nomme sa recherche le Th\u00e9\u00e2tre Incontr\u00f4l\u00e9 \u2014 une esth\u00e9tique de l&#8217;instant, o\u00f9 le plateau n&#8217;est pas une surface de repr\u00e9sentation mais un laboratoire \u00e0 ciel ouvert. 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