Concept déposé à l’INPI · marque déposée
Le Théâtre
Incontrôlé
Faire coïncider temps de création et temps de représentation. L’instant devant le spectateur devient instant créateur. Non pas l’absence de maîtrise — mais la maîtrise du débordement.
Un théâtre
populaire
Redonner ses lettres de noblesse à l’émotion. Créer une empathie organique entre comédien et spectateur. Refuser l’élitisme qui rend l’acte dramatique inerte.
Un théâtre
de performance
La mise en danger constante comme nécessité dramaturgique. L’acteur-créateur comme moteur premier. Connecter l’acte rituel de la scène aux maux de la société.
Un théâtre
politique
Prendre conscience du monde. Devenir acteur de sa société. Porter en tout lieu l’urgence du théâtre. Construire avec le public un espace de débat et de confrontation.
Le manifeste
La matière
du plateau
Le Théâtre Incontrôlé s’incarne dans des scénographies d’objets — détournés, chargés, hétéroclites. Fumées, poudres colorées, lumières, corps en transe, musiques qui pulsent : le plateau devient territoire sensoriel. Non pour impressionner, mais pour activer. Le spectateur ne regarde pas — il est traversé.
La danse et la transe y sont des langages à part entière. Quand les mots lâchent prise, le corps continue à parler — et il dit souvent l’essentiel. C’est pourquoi chaque création du Théâtre Incontrôlé comprend une dimension chorégraphique, même fugace, même sauvage.
L’écriture de plateau est poussée jusqu’au moment de la représentation. On ne livre pas un produit fini — on livre un processus vivant. La création se poursuit dans chaque représentation. Chaque soir est une première.
Ce que signifie
ne pas contrôler
Le Théâtre Incontrôlé n’est pas un théâtre de l’approximation. C’est un théâtre de l’instant — précis, risqué, vivant. Il naît d’une question simple : que reste-t-il du théâtre si on lui retire le confort de la répétition, le vernis de la démonstration, la sécurité de l’illusion maîtrisée ?
Il reste l’acteur. Et avec lui, quelque chose d’irréductible : la présence. Cette qualité d’être là — vraiment là, vulnérable et concentré, capable de réagir à ce qui arrive maintenant, dans cette salle, avec ces corps.
Cette recherche, expérimentée dès 2005, s’inscrit dans un laboratoire en évolution permanente. Elle s’inspire d’Artaud, Brook, Fabre, Kane — et elle les dépasse dans la mesure où elle engage une conviction propre : que le fond et la forme se confondent, que la méthode est déjà le message.
Le triptyque
2008 — V7 2026 · Solo
Paradis Perdu
Le spectacle fondateur. Un comédien nommé Paradis cherche à comprendre un monde débordant d’injustice, de violence et d’amour impossible. Le feu au centre de la cité : l’acteur comme matière sacrificielle autour de laquelle la communauté se rassemble. Scénographie épurée — plastiques, malles, tissus, objets épars. Chaque version réécrit la précédente. La V7 « Sauvage de monde » est la plus aboutie, la plus libre.
2015 — Versions multilingues · Solo
Il vit
Un jeune homme en train de mourir décide de mettre en scène ses derniers instants. Trois parties : improvisation qui pose la frontière fiction/réalité, texte poétique écrit comme une partition, danse/transe finale. La mort comme acte d’amour. Traduit en mandarin (Taïwan, 2024), en arabe, en anglais, en espagnol. Une universalité conquise par la précision de l’intime.
2023 · Performance / solo · 65 min
Guillotine
Une agression. Un corps laissé pour mort. Cinq tableaux pour traverser ce qui ne se dit pas. Trois combats : l’absurdité administrative, la confrontation aux agresseurs, la danse et la transe où seul le corps parle. Un mur de lumière dialogue avec la victime. Le public devient témoin passif d’un corps en danger — et c’est cela, le théâtre incontrôlé poussé à son point de rupture.
Filiation & dialogue
Ce qui
nourrit
la recherche
La filiation n’est pas une dette — c’est un dialogue. Le Théâtre Incontrôlé reconnaît ce qu’il doit à ces artistes, et s’en distingue dans ce qu’il porte de singulier : l’articulation entre geste esthétique et engagement territorial, entre création et transmission, entre le plateau et le monde qui l’entoure.
Artaud voulait un théâtre qui agisse sur les nerfs comme une peste — qui contamine, qui désorganise, qui force à se repositionner dans l’existence. Cette violence fondatrice, le Théâtre Incontrôlé l’hérite non pas comme brutalité gratuite, mais comme exigence de vérité. Ce qui se passe sur le plateau doit avoir la puissance d’un fait réel, pas d’une représentation du fait.
Brook cherchait l’espace vide — ce rien à partir duquel tout peut surgir. Le plateau nu comme condition de la vérité. Le Théâtre Incontrôlé va plus loin : il vide aussi le temps. Il refuse la répétition comme garantie, la maîtrise comme protection. Ce que Brook appelait le théâtre vivant, Antoine Guillot le radicalise en faisant de l’imprévisibilité non un accident, mais une méthode.
Fabre imposait à ses acteurs des durées insensées, des gestes répétés jusqu’à l’épuisement — le corps comme matière que l’on travaille, que l’on use, que l’on révèle. La dimension physique du Théâtre Incontrôlé hérite de cette conviction : le corps de l’acteur n’illustre pas le texte, il en est la première écriture. Avant les mots, il y a la chair — et c’est à la chair que le spectateur répond.
Kane écrivait comme si chaque phrase était la dernière. Une écriture qui attaque, qui ne laisse aucune sortie propre, qui refuse le confort de la résolution. Le Théâtre Incontrôlé tient de Kane cette intransigeance : on n’adoucit pas, on n’arrange pas, on ne rassure pas. On dit — et on laisse le spectateur faire ce qu’il veut de ce qu’il a reçu.
Bausch enfin : la danse comme langue du non-dit. Ce que les personnages ne peuvent pas formuler, leurs corps le dansent — parfois violemment, parfois avec une délicatesse qui fait plus mal que les coups. C’est ce rapport entre le verbe et le mouvement, entre ce qui s’énonce et ce qui s’incarne, que le Théâtre Incontrôlé explore systématiquement dans ses créations. La transe finale de Guillotine, la danse dans Il vit — ce sont des moments où le langage abdique et où quelque chose d’autre prend le relais.
Ce qui distingue le Théâtre Incontrôlé de ces héritages, c’est son ancrage dans le territoire et sa volonté de transmission. Artaud n’enseignait pas dans les lycées de Savoie. Brook ne jouait pas dans les prisons. Fabre ne construisait pas de podcasts. Le Théâtre Incontrôlé est une esthétique de la rencontre — pas seulement sur le plateau, mais dans la salle, dans l’école, dans le couloir de l’hôpital, sur la place du village un soir de juillet. C’est cela, peut-être, ce qui le définit le mieux : il cherche non pas les spectateurs qui viennent au théâtre, mais ceux qui n’y viennent pas encore.
Propriété intellectuelle · INPI France
Une esthétique
protégée
Le Théâtre Incontrôlé est une marque déposée à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Ce dépôt affirme une cohérence artistique et une responsabilité d’auteur : cette esthétique appartient à une démarche précise, construite sur plus de quinze ans de plateau. Elle peut être enseignée, partagée, transmise — mais elle ne peut être revendiquée que par ceux qui la pratiquent en connaissance de cause, dans le respect de ses principes fondateurs.
Transmission
Lycées & universités
Options théâtre à Annecy et Chambéry. Projets avec l’Université Savoie Mont-Blanc et l’ENAAI. La transmission comme acte artistique à part entière — pas une activité périphérique.
Lieux non dédiés
Hôpitaux, prisons, EHPAD, quartiers isolés. Le théâtre incontrôlé peut se jouer partout où des corps sont présents. La contrainte du lieu devient matériau de création.
Workshops internationaux
Taipei 2024 : trois semaines avec des comédiens professionnels taïwanais autour d’Il vit. Alger, Caraïbes. Transmettre les fondements du théâtre incontrôlé dans d’autres langues, d’autres corps.
Stages & masterclasses
De la primaire aux études supérieures. Stages intensifs pour comédiens professionnels. La méthode du théâtre incontrôlé enseignée comme pratique vivante, pas comme théorie.
Carnet d’Art Podcast
Entretiens, archives, traces de création. Le podcast comme extension du geste scénique — donner à entendre ce qui se passe dans les coulisses du théâtre incontrôlé.
Publications & écrits
Article co-signé avec Isabelle Roux-Lalisban, Bulletin de la Société Paul Claudel n°241 (2023). Textes réflexifs, carnets de création, manifestes en cours d’élaboration.